C’est sous le thème de la réconciliation qu’ont été lancées vendredi à Sainte-Anne-de Beaupré les activités entourant la neuvaine qui précède la fête de Sainte-Anne le 26 juillet. Quelque 100 000 personnes sont attendues au cours des prochains jours, dont plusieurs pèlerins remplis de dévotion, mais aussi une bonne part de touristes et de curieux venus simplement admirer l’architecture de la basilique.
Les célébrations entourant la fête de Sainte-Anne attirent des pèlerins des quatre coins du monde, dit Gilles Routhier, prêtre pour le diocèse de Québec. «J’ai croisé des gens de Boston, des Colombiens, des Argentins. Seulement aujourd’hui [hier], nous attendons 10 000 personnes. Le 26, il y en aura de 30 à 40 000 qui viendront au sanctuaire.»
Depuis 38 ans, le New-Yorkais Leonard Divittori fait le pèlerinage à Sainte-Anne-de Beaupré. En tant qu’Aide de Sainte-Anne pour le Ahearn Memorial Pilgrimages, il guide un groupe de 70 handicapés physiques. Le Ahearn Memorial Pilgrimages a été fondé par Andrew Ahearn, un Américain du Massachusetts qui aurait recouvré l’usage de ses jambes après son passage à la basilique. «C’est un endroit très spécial. Quand M. Ahearn est venu ici le 25 juillet 1923, il était paralysé, il ne pouvait plus marcher. Le lendemain, il était guéri. Il a alors promis de revenir en pèlerinage chaque année avec d’autres handicapés.»
D’autres visiteurs croisés aux abords de la basilique n’étaient pas à la recherche de miracles. C’était le cas de Holly et Gary, un couple de Sudbury, accompagnés de leurs deux fils venus pour des motifs plus prosaïques. Venez-vous rendre hommage à Sainte-Anne? «Non! Simplement admirer la basilique, son architecture et son histoire. C’est tellement beau!»
Une chasse aux miracles?
Sainte-Anne fait-elle réellement des miracles? Suffit-il de venir en pèlerinage à la basilique pour retrouver l’usage de ses jambes? Gilles Routhier, également professeur à la faculté de théologie de l’Université Laval, se montre prudent. «Tout le monde arrive avec un souhait. Mais tous n’espèrent pas de miracle. Certains vont seulement demander la force de tenir bon.» Depuis une vingtaine d’années, le Comité de l’espoir, constitué de bénévoles, accueille, loge et nourrit des personnes malades et handicapées pendant la neuvaine. «Voilà le vrai miracle», lâche M. Routhier.
Frédéric Denoncourt
Source: Le Devoir